DONNONS DE LA FORCE À LA DÉMOCRATIE

Beaucoup de citoyens ne se reconnaissent plus dans notre démocratie.

Cette méfiance paradoxale doit nous amener à réfléchir sur les moyens de son renouvellement. Nous pensons que nous devons donner plus d’importance à la parole de chacun-e, que le profil des élu-e-s est souvent trop éloigné de celui des citoyen-ne-s qu’ils ou elles représentent, que nos institutions doivent être garantes du respect de la démocratie. Nous ne perdons pas l’espoir de lui donner un nouveau souffle lorsque l’on constate le succès d’expériences telles que celle du budget participatif menée à Paris par Anne Hidalgo, ou de réflexions innovantes comme celle du constitutionnaliste Dominique Rousseau.

Nous devons donc donner de la force à la démocratie en diversifiant les formes de consultations citoyennes par exemple, ou en faisant évoluer le scrutin en lui-même, par une introduction d’une part de proportionnelle, par la reconnaissance du vote blanc, ou encore par une extension du droit de vote aux étrangers lors des élections locales. Nous devons renforcer le rôle du parlement, et encourager la démocratie à tous les échelons de la société, de l’adoption des lois aux conseils d’entreprise. Nous devons réfléchir à de nouvelles formes de consultation entre deux élections avec par exemple l’instauration d’assemblées délibératives citoyennes auxquelles toutes lois votées au parlement devraient être présentées. Les institutions aussi doivent se renouveler, tout comme le profil des élu-e-s. Un homme élu depuis trente ans ne peut pas, à mon sens, comprendre les besoins de ses administré-e-s. Nous devons lutter contre le cumul des mandats et la professionnalisation des élu-e-s. Car la force de la démocratie repose avant tout dans sa capacité à incarner les valeurs qu’elle porte.